
Je marche sur cette pente dans les sous-bois, dans la moiteur de cette fin d'été.
Il est neuf heures, une heure que je marche, il fait déjà chaud, suffisamment pour me coller le t-shirt à la peau, suffisamment pour m'humidifier le front...
Heureusement, la forêt me protège des rayons du soleil déjà hauts. J'avance comme un pénitent, avec le poids du sac, me dandinant au rythme de mes pas, tantôt sourds sur la terre forestière, tantôt clairs sur la roche qui parsème le chemin. La pente du chemin et l'effort qu'elle impose augmentent la sensation de chaleur. De temps à autre, une légère bise vient me caresser et me rafraîchir un peu.
Au fil des pas, le son se fait plus précis, plus présent. Quelque chose change, imperceptiblement. La chaleur est moins présente, une sensation de frais irradie le sous-bois, redonnant un peu d'énergie. On le découvre après quelques pas supplémentaires. Il s'agite entre les arbres. Il est là, comme une veine dans la pente. Tortueux, tumultueux, bruyant. Les accidents de son parcours et sa fougue lui font projeter dans l'atmosphère une brume fraîche qui me ravit.
La fraîcheur me fouette le visage, les jambes, comme une vague régénératrice qui me fait déjà oublier l'effort qui m'a amené ici. Il est là dans son rythme implacable, il avance, coûte que coûte, pas même un tronc d'arbre ou un rocher ne peut l'arrêter. Il pourra dévier sa route, chuter violemment peut-être, mais jamais l'eau n'est arrêtée. Elle prend naissance là-haut dans le glacier, engrange sa puissance tout au long des degrés dans la pente. Cette force de la nature est magnifique, elle façonne le paysage, irrigue la faune et la flore sur les flancs de la montagne, rafraîchit les promeneurs dans l'effort et y ajoute une ambiance sonore propice au repos, l'apaisement et à la méditation.
Ce torrent me rappelle la force de la nature, sa beauté. Peut-être que le glacier nourricier là-haut, risque de disparaître. Et cette si belle montagne, privée de cette veine, semblera perdre son souffle et me donnera l'impression de s'éteindre doucement.
Pour le moment, je rejette cette image, et profite de l'instant, en fermant les yeux, laissant la fraîcheur et le son entrer en moi, comme une cure de jouvence et de bien-être.
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