
Avant de coucher des mots sur le papier, il a fallu qu'une âme s'émeuve de quelque chose. L'écrivain est un être sensible, c'est un émotif des choses de la vie, celui qui prend le temps d'observer son environnement et sourit devant des spectacles que d'autres ne verront peut-être même pas.
Son observation commence dès le matin, quand il tourne la cuillère dans son café et que dehors un oiseau chante la vie, lui offrant le premier sourire de la journée. Ou encore ces cinq minutes passées à observer l'écureuil jouer dans les pins devant son balcon.
Sa sensibilité réside dans la capacité à capter ces émotions du quotidien, savoir les apprécier et les décrire du mieux possible avec les mots. Dès lors, tout devient sujet à l'écriture sensible : cette petite bise des soirs chauds d'été, quand on est encore transpirant, moite, et que ce vent délicat vous fait frémir et vous donne la chair de poule. Ou cette douche fraîche qui vous enveloppe avant d'aller vous coucher, et referme la journée.
Cela passe aussi par ce que le regard perçoit : l'émotion que procure une image, un paysage qui vous emporte, le dessin touchant de son enfant et l'intention qu'il y a mise.
Cela passe aussi par le toucher. Que dire encore de la main qui se pose sur la peau douce et tiède de l'être aimé ?
Cela passe aussi par l'ouïe. Comme ces notes de musique qui vous transpercent pour venir réveiller en vous des images, des souvenirs, et à nouveau générer un panel d'émotions.
Mais l'écriture sensible n'est pas la perception sensorielle en tant que telle, mais la description émotionnelle de ce qu'elle génère en l'être, de son interprétation, et surtout des sentiments qu'elle provoque : joie, amour, peine, tristesse, contemplation, admiration...
Le rire, dit-on, est le propre de l'Homme. Mais l'Homme a surtout cette autre capacité : à la force des mots (ou des notes, par extension musicale) de décrire ce qui se passe en lui et le partager avec ses semblables. Ce n'est pas Rabelais qui me contredira. Cette transcription, pour peu qu'elle soit faite avec soin, avec précision, avec esthétique, confère au texte, qu'il soit fait de vers ou de prose, une expressivité personnelle qui permet de partager un peu de son âme avec son prochain.
N'est-ce pas là l'une des plus belles formes de communication ?
Commentaires
Coucou Sébastien,
J'ai lu ta prose avec grand intérêt toi qui tout à l'heure minimiser tes textes laisse moi te dire que je me suis projetée dedans comme subitement j'étais assise à tes côtés m'évoquer ta passion des mots j'ai vraiment adorée la manière dont tu décris les différentes sensations et étapes : l'ouïe, la perception sensorielle, la capture de chaque chose lors d'une photo que l'on observe merci infiniment pour ce partage ne cesse jamais d'écrire avec ton cœur 🙏🏼