PROSE
Le Balcon
Le Balcon Elle avait mis sa plus belle robe car il l'emmenait à l'Opéra. Cette robe rouge qui le rendait fou. Là, sur son cou, près de son oreille, elle avait déposé quelques gouttes de son parfum, car c'est là, qu'il aime l'embrasser. Après sa bouche, qu'il effleure et dévore avec gourmandise car il l'adore. Il pourrait l'embrasser pendant des heures. Il avait réservé les meilleures places. Très élégant dans son costume acheté pour l'occasion, il lui tenait la main comme un jeune amoureux. "Jamais je ne lâcherai ta main" lui avait il promit dès le début. Car il savait combien elle avait souffert avant lui et il voulait la rendre heureuse. Elle avait besoin d'être sans cesse rassurée et il n'y avait que lui qui y parvenait. Mais elle aussi lui apportait tout ce qui lui avait tant manqué dans sa vie. Il l'aimait. A en avoir des papillons dans le ventre, à sourire devant son téléphone quand c'est elle, a inspirer sa musique, ses dessins, ses textes, à lui dédier ses victoires...à hurler dans son casque de moto après avoir cru l'avoir perdu. Arrivés à leurs places, sur le balcon, ils ne découvrir qu'à cet instant la beauté du lieu, tant ils n'avaient eu d'yeux que pour eux avant. Cette endroit était grandiose et à la hauteur de l'Amour qu'ils avaient l'un pour l'autre. Tel un immense écrin baroque qui l'abritait. Légèrement en surplomb, assez proche de la scène pour en distinguer chaque détail, mais suffisamment haut pour embrasser la salle entière d’un seul regard. La voûte ornée du plafond peint par Chagall semblait presque flotter au-dessus du gigantesque lustre de cristal, dont les milliers de facettes captait la moindre lueur et la restituait de mille feux. La lumière chaude se reflètait sur les dorures qui couraient autour des loges, si bien que chaque médaillon, chaque frise sculptée paraîssait briller d’une vie propre. Sur les côtés, les loges drapées de velours rouge formaient un demi-cercle intime. L’acoustique légèrement feutrée donnait au lieu une sensation de calme solennel, comme si la salle retenait son souffle avant le lever du rideau. Depuis leur balcon ils voyaient la scène frontale, le plafond majestueux au-dessus, et la salle entière qui s’étirait en éventail. Le concert commença. Après quelques minutes, il commença à la distraire avec quelques grimaces qui la firent sourire. Puis elle lui dit de se calmer car sinon, elle aussi savait comment le distraire. Il lui répondit qu'il n'attendait que ça. Et sur ce balcon, à l'abri des regards, ils firent l'Amour. Elle avait les joues rouges, lui était décoiffé et tous deux avaient des étoiles dans les yeux. Il embrassa sa main, l'embrassa de nouveau dans le cou et elle lui murmura à l'oreille : "Encore... Encooore... Encooooooore..." Il lui refit l'Amour pendant que les musiciens jouaient comme pour couvrir l'intensité de leurs souffles. Il lui murmura "je t'aime" avant de jouir en elle. Elle se cambra en soufflant son prénom comme on souffle sur des braises. Elle était dans ses bras quand elle vit couler une larme sur ses joues. "Pourquoi pleures tu mon Amour ?" "Parce que je dois te quitter" "Ne m'aimes tu pas, pour vouloir me quitter ?" Dit elle des sanglots dans la voix. "Bien moins que toi. Et je ne suis pas prêt à sacrifier tout ce que j'ai construit jusqu'à présent pour toi. Je ne peux te donner la place que tu mérites". Elle ne comprenait pas ce changement soudain et lui répondit : "Si tu n'as qu'un balcon pour place à m'offrir, j'en ferais notre royaume". Puis elle voulue l'embrasser. Il l'a repoussa. Elle se tordit de douleur. Tout son monde s'écroula. Elle s'était donnée tout entière à lui, mettant sa vie dans ses mains et lui, de ses mains, il lui arrachait le cœur. La musique s'arrêta. Les gens quittaient l'Opéra. Lui aussi. Elle resta seule sur ce balcon. Elle se jeta du balcon. Il posa sur sa tombe un bouquet d'Iris, avec un mot inscrit "A ma chère amie". L
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Commentaires
Quel texte magnifique ! Voila qui décrit merveilleusement bien l'intensité de l'Amour. Bravo